Canon des petites voix

Canon des petites voix -Enfants de Tchernobyl, enfants de Fukushima,
2015, 116 min.

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Fukushima, après le 11 mars 2011, des mesures d’urgence ont été prises : évacuations forcées dans un rayon de 20 à 30 km autour de la centrale ; évacuation volontaire au-delà selon le taux de contamination au césium. Pour ceux-là, aucune aide n’est prévue, mais les familles ont été informées des risques pour les enfants, les gens ont eu le « choix » : partir ou accepter la situation, faire avec. Quitter ses voisins, ses parents, son conjoint, pour mettre les enfants à l’abri. Moins d’un an après la catastrophe, ils étaient 1,580, 000 à être restés, ou revenus, vivre avec une angoisse quotidienne qui se mesure en millisieverts et becquerels.
Dans un temple bouddhique abritant un jardin d’enfants, la vie tourne autour des gestes à accomplir pour éviter l’exposition interne et externe, réduire le taux de radionucléides dans le corps, contrôler chaque aliment, traquer les radiations dans l’air, dans le sol, dosimètre et pelle à la main. C’est une vie presque normale, entre le rire et les larmes. Les mères viennent ici faire « le plein de bonne humeur », elles se partagent les cartons de légumes qui arrivent au temple de tous les coins du Japon, cuisinent ensemble, organisent des vacances pour les enfants, mais elles se sentent trahies par les autorités compétentes et ne se font pas d’illusions sur le suivi médical : pour les sauver, il aurait fallu les évacuer, au lieu de relever jusqu’à 20mSv/an la dose de radiations acceptable en les laissant s’épuiser dans un combat contre l’inconnu. L’avenir des enfants de Fukushima pouvait pourtant se lire dans celui des enfants de Tchernobyl, 25 ans plus tôt : pics du cancer de la thyroïde chez les enfants et les adolescents au bout de 10 à 15 ans, les cancers des adultes continuant de progresser au-delà, alors même que la dose maximale autorisée en Biélorussie est de 1mSv/an.
Les petites voix de ce film se relaient pour dire qu’il faut agir, avant qu’il ne soit trop tard. On entendra le témoignage de l’infatigable Valentina Smolnikova, la colère sourde des femmes de l’ONG japonaise « Un pont pour Tchernobyl », qui, après avoir accueilli les protégés de Valentina, voient maintenant arriver les vagues suivantes d’un désastre programmé.

Réalisatrice : KAMANAKA Hitomi
Producteur : KOIZUMI Shukichi
Photographe : IWATA Makiko
Mixage : KAWASAKI Koichi
Editeur : AOKI Ryo
Musique : Shing02
Production : BunBun Films

Sous-titrages français : Tradescantia

小さき声のカノン 日本語サイト http://kamanaka.com/canon/

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